Le pisé de tradition

La terre est déversée à l’aide de seaux ou de paniers, dans un coffrage en bois, constitué de deux banches posées sur des clés en bois, mortaisées en leurs extrémités et maintenues en place par des potelets à tenons s’ajustant dans les mortaises des clés. Ces potelets permettent aussi de résister à la poussée latérale résultant du compactage de la terre. Les deux banches sont écartées de quarante à soixante centimètres environ correspondant à l’épaisseur d’un mur ordinaire. Ces banches sont le plus souvent réalisées en planches reliées entre elles par des traverses clouées.

En d’autres pays, comme en Chine, par exemple, ces banches sont constituées de petits troncs de bois refendus dans leur longueur et reliées entre elles par des cordages. Les couches de terre déversées dans le coffrage, avant compactage sont épaisses d’environ 20 cm et ramenées à moitié d’épaisseur après le compactage. Ainsi, pour un coffrage qui est traditionnellement haut de 90 cm, une dizaine de couches permettent de réaliser une « banchée » de pisé. Ces couches restent souvent visibles sur l’aspect du mur fini.

Le décoffrage peut être effectué dès que la banche est remplie car il n’est pas nécessaire d’attendre le séchage. Les banches peuvent faire plusieurs mètres de long mais point trop car il y a un risque de retrait linéaire au séchage et donc de fissuration. Pour éviter cela, les banches traditionnelles étaient souvent longues d’un maximum de 2,50 m à 3 mètres. Elles sont déplacées horizontalement, de façon à effectuer autant de banchées que nécessaire pour faire le tour de la maison. Une fois réalisé un tour de banchées on effectuait le tour supérieur en décalant les joints entre les banchées, de façon à éviter un « coup de sabre », ou fissure.

Beaucoup de maisons traditionnelles en pisé sont restées très longtemps non enduites ou parfois seule la façade principale, de représentation « sociale », recevait cette finition. Mais aujourd’hui, beaucoup de vieux murs en pisé,on peut l’observer le long des routes, sont enduits ; c’est le cas des bâtiments d’habitation restaurés ou rénovés. Mais celui qui sait repérer la présence de pisé, même sous un enduit, découvrira que ses déclinaisons architecturales sont multiples : maisons de village et de ville, églises, écoles, mairies, cités ouvrières, chapelles et châteaux, mais aussi hangars, fours à pain, séchoirs à tabac, pigeonniers, sans oublier les murs de clôture. Il est ainsi faux de croire que le bâti en pisé se limiterait aux seuls corps de ferme, en territoire rural.

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